Stratégies pour lutter contre le manque de confiance en soi en haltérophilie (Partie 1)

Par Matt Foreman

Lorsque vous vous fixez un grand objectif, vous voulez à tout prix l’atteindre, mais vous devez aussi connaître le meilleur chemin à parcourir pour y arriver. Ce chemin est censé être lisse et bien droit, mais parfois, il devient un peu cahoteux.

Supposons, par exemple, que vous êtes un haltérophile qui a un record personnel de 95 kg sur un mouvement. Vous avez soulevé ce poids plus d’une fois, et cela devient très simple pour vous. De toute évidence, vous allez fixer votre prochain objectif à 100 kg.

Entre-temps, vous décidez de participer à une compétition pour vous mesurer aux autres et évaluer votre niveau. Disons que cet événement se tiendra dans trois mois, et c’est là que vous voulez lever vos 100 kg. Idéalement, vous devriez atteindre votre objectif avant le jour-J.

La route que vous devez parcourir pour lever ces 100 kg est un cycle d’entraînement de trois mois où vous commencez par des poids plus faibles, puis augmentez progressivement vers votre objectif final. Les premières semaines du cycle vont vous permettre de lever autour de 80 % de votre objectif (environ 75 à 80 kg) pour affiner votre technique, renforcer la cohérence de vos gestes et établir une bonne base de force musculaire et mentale.

À mesure que les semaines passent, vous allez continuer à augmenter les poids que vous levez lors de vos séances. 85 … 88 … 91 … 93 … etc. C’est votre chemin vers les 100. Cependant, c’est aussi là où la négociation avec vous-même peut être houleuse.

À force de penser à ces 100 kg, vous vous attendez à ce que toutes les charges inférieures soient maîtrisables. Vous êtes convaincu que si vous êtes vraiment prêt à arracher les 100 kg, vous ne devriez pas avoir de problème avec n’importe quel autre poids plus léger, surtout dans la zone des 80 à 90 kg.

Dans un monde parfait, c’est ainsi que tout devrait se faire. Vous arrivez à enchaîner aisément tous ses poids intermédiaires pendant que vous parcourez le chemin de votre cycle d’entraînement, puis vous montez jusqu’aux 100 kg et atteignez votre objectif comme un maître.

Mais…

Il est très probable que vous ne passerez pas toutes ces étapes avec autant de facilité. Croyez-moi, en cours de route, vous vous confronterez sûrement à cette séance d’entraînement qui vous donnera du fil à retordre. Disons que c’est la semaine des 94 kg. Ce poids est légèrement inférieur à votre record personnel de 95 kg, que vous avez atteint à plusieurs reprises, et il est inférieur de 6 kg au poids que vous souhaitez soulever.

Vous allez à la salle de gym bien décidé à lever ce poids. Confiant, motivé et combatif, vous êtes sûr de pouvoir dépasser facilement ces 94 kg, d’autant plus que tout vous sourit jusqu’à présent. Tous les poids supérieurs à 80 kg ont été faciles à soulever et vous sentez que vous êtes parfaitement capable d’arriver aux 100 kg avec la même assurance.

94 kg devraient être un poids tout à fait faisable… mais tout ne va pas se passer comme prévu. Peut-être que vous le raterez deux fois avant d’y arriver. Peut-être que vous y arriverez dès le premier essai, mais que vous y laisserez toute votre énergie. Ou peut-être que vous ne pourrez pas le soulever.

À ce stade, votre esprit commence à lâcher prise, n’est-ce pas ? C’est incroyable comme il est facile de passer d’un état de confiance et de motivation totales à un état de nervosité complète. En plus, toutes ces questions commenceront à saturer votre esprit : Suis-je vraiment assez bon pour arracher les 100 kg ? Comment diable pourrais-je soulever les 100 lors de cette compétition alors que je peux à peine lever 94 ? Est-ce que je m’entraîne mal ? Que vais-je faire pour me sortir de cette galère ?

C’est le genre de guerre psychologique qui règne dans l’haltérophilie. Seulement, au lieu de lutter contre un adversaire physique, vous devez vous battre contre vos propres peurs. Mais la seule façon dont vous allez pouvoir dépasser ces doutes est de remporter le combat qui se déroule dans votre propre esprit. Vous vous demandez si vous êtes assez bon pour faire ce que vous avez l’intention de faire, si vous êtes assez fort pour battre votre record.

Les mauvaises séances d’entraînement qui apparaissent en cours sont comme des termites qui se glissent à l’intérieur de vous et tentent de tout détruire. Vous devez donc rétablir l’équilibre en trouvant des moyens de ressusciter cette croyance en vous-même, laquelle a été affaiblie par une mauvaise séance d’entraînement.

Votre entraîneur/coach pourrait être en mesure de vous aider en trouvant les bons mots pour vous remotiver, ou en renforçant votre confiance en programmant des lifts plus légers que vous parviendrez à réaliser de manière cohérente et parfaite. Mais croyez-en mon expérience, je peux vous affirmer que la seule personne qui puisse vous permettre de soulever ces 100 kg est celle qui vous regarde dans le miroir. À la fin de la journée, votre entraîneur ne peut en faire plus. Si vous voulez réussir dans cette discipline, vous devez sortir de votre cocon, vous battre et y arriver.

En cours de route, vous devrez trouver les stratégies mentales qui vous conviennent, celles qui vont vous améliorer et vous rendre plus fort et plus robuste face à n’importe quel workout. Vous aurez de mauvaises surprises. Nous en avons tous. Et quelles que soient la dureté et l’assurance que vous avez à l’intérieur de vous, vous ne serez jamais totalement à l’abri du doute et de la peur.

À suivre…

Source : CatalystAthletics.com