L’importance d’être constant en CrossFit ®* !

Cet article est paru dans le WorkOut Mag’ n°25. Pour vous abonner au magazine, il suffit de cliquez ici !

Il y a plusieurs caractéristiques qui sont communes à tous les athlètes qui ont du succès. Parmi elles, la constance. La constance, pour la définir simplement, consiste à faire la même chose pendant longtemps. Donc en CrossFit ®*, cela reviendrait à se rendre à la box cinq à six fois par semaine pendant dix ans, par exemple. La constance, c’est aussi d’évoluer avec son sport. Donc en CrossFit ®*, on a appris à nager, faire des butterfly pull-ups, utiliser un yoke, faire des stricts Muscle up et HSPU, courir dans le désert ou même faire un marathon au rameur. La constance, c’est aussi la régularité dans l’encadrement. Dans notre pratique, c’est avoir un coach qui nous suit depuis longtemps et, par conséquent, sur lequel on peut compter et qui a évolué avec nous. La constance, c’est aussi l’amélioration permanente, ne pas stagner à cause d’une technique non efficace ou encore des blessures récurrentes. La constance est aussi une passion pour notre sport qui est toujours là et qui nous permet de garder tout le reste… constant !

Mais comment ça fonctionne la constance ?

Si vous allez à la box, que vous revenez chez vous et vous vous regardez dans le miroir, vous ne verrez pas de différence. Si vous faites ça tous les jours, vous ne constaterez pas d’évolution. Ce sont les gens qui vous verront dans six mois qui vous diront que vous avez changé, ou les photos de vous au départ et 6 mois plus tard qui témoigneront de cette évolution. Et d’où vient cette dernière ? Pas d’un seul entraînement ni de deux, mais de l’effort constant qui force le corps à s’adapter. De la même façon, une journée d’arrêt ne changera rien sur six mois de constance. C’est pour ça que des photos avant et après sont motivantes, car sans elles, on a du mal à voir l’amélioration. De la même façon que pour les athlètes, il est important d’avoir des benchmarks pour mesurer son évolution et ne pas juste regarder ce qu’on faisait hier VS. ce que l’on fait aujourd’hui. La constance, c’est spécial, car c’est une accumulation et on ne peut pas mettre le doigt sur la journée exacte où le changement s’est produit. Le changement est minime, mais présent. C’est l’accumulation de ces petits changements qui fait la différence, telle une vague qui frappe un rocher et, à la longue, en viendra à bout. La nature a compris ça depuis longtemps.

La difficulté

On comprend la difficulté : faites quelque chose aujourd’hui, demain et après demain, etc., mais vous ne verrez les résultats que dans plusieurs années (si l’objectif est de gagner une compétition internationale de CrossFit ®* par exemple). Notre cerveau est très sensible à ce qu’on peut voir (par souci d’évolution, on s’inquiète des prédateurs qu’on peut voir plus que des concepts abstraits). C’est pour cela que l’art abstrait est moins populaire que l’art dit réaliste. C’est aussi la raison pour laquelle beaucoup ont du mal avec la constance, si elle ne leur est pas imposée. Après, il faut voir les exceptions. On est très constant au niveau de l’alimentation. Nous mangeons tous les jours et fréquemment. La constance est là et pourtant, nous ne sommes pas tous des fins gourmets ou des critiques gastronomiques professionnels. Pourquoi une personne de 50 ans pourrait-elle être moins bonne pour analyser un aliment ou un vin qu’un jeune de 25 ans, qui a moitié moins de constance ? Il faut se souvenir qu’il faut de la constance dans la passion pour l’activité qu’on pratique ou notre sport. Il est très probable que la personne de 50 ans n’a pas porté la même attention à tous les vins qu’elle a goûtés par rapport au passionné de 25 ans. Si cela vous intéresse, vous pouvez lire le livre d’Idriss Aberkame, Libérez votre cerveau, pour en apprendre davantage sur le pouvoir de l’amour (ou la passion). Eh bien, il se trouve que ce n’est pas juste la constance du nombre d’heures d’entraînement qui compte, car une heure d’entraînement en pensant à son show de télévision préféré ne vaut pas une heure à concentration maximale, quand on est passionné par le sujet.

La passion

Il faut donc trouver une façon de rester passionné. Et c’est là tout le défi de la constance. C’est la raison pour laquelle telle personne continue de s’entraîner, mais n’a pas les résultats qu’elle devrait obtenir. Ou celui qui arrive de « nulle part », mais est tellement passionné qu’il rattrape la plupart de ses partenaires d’entraînement en la moitié du temps que ces derniers ont investi. C’est la constance dans la passion de son sport. C’est un peu cliché, mais il faut être amoureux de ce qu’on fait. Un passionné sera épanoui dans son sport et aura toujours plus de résultats à long terme (constance dans le temps) que celui qui est seulement intéressé par le gain court terme (sans passion).

Comment garder cette constance ? 

Le premier objectif est de jouer. On est fait pour apprendre en jouant et on aime jouer. C’est toujours plus facile de convaincre quelqu’un de faire un jeu que d’étudier. C’est la même chose pour l’entraînement. Il ne faut pas le rendre sérieux, au point d’éliminer la passion. Le jeu, c’est sérieux oui, mais juste être sérieux, ce n’est pas nécessairement jouer. Qu’est-ce qu’on veut dire par « jouer » ? C’est rendre le training sympa : une course contre son partenaire peut être un jeu, voir qui peut avoir le snatch le plus rapide ou le plus technique peut être un jeu. Tout comme changer le WOD pour le faire en équipe et le rendre plus le fun dans une journée où on n’a pas envie de s’entraîner. Ça peut sembler anodin, mais de la même façon qu’on ne voit pas de modification sur notre corps après une seule séance d’entraînement, on ne verra pas de changement dans notre passion après une séance moins amusante… Mais si la constance fait que l’entraînement est trop sérieux, à un moment où un autre, on ne saura pas trop pourquoi ou quand ça aura commencé, mais on n’aura plus le goût de se pousser autant ou de s’entraîner. Pour renverser la vapeur, il faudra ramener petit à petit le fun et la passion à l’entraînement. Et le processus sera long, car comme on le sait maintenant, on ne verra pas de vrai changement en un seul jour, seule la constance amènera du changement avec l’accumulation de petits gestes qui, tout seuls, semblent anodins. 

Maintenant que vous comprenez l’importance de la constance et aussi l’importance de la passion dans votre progression, demandez-vous ce que vous pouvez faire aujourd’hui pour accumuler plus de chance d’être où vous voulez être dans six mois ou un an… ou dix ans !

Par Matthieu Dubreucq