Pourquoi faut-il arrêter de se comparer aux autres ?

L’objectif de cet article est de démontrer que l’utilisation permanente (et on insiste sur ce mot) de la comparaison aux autres ne servira qu’à démotiver l’athlète : ces comparaisons conduiront, dans la plupart des cas, à des sous-performances au fil du temps. Tandis que les comparaisons à court terme, sur du qualitatif, pourront se traduire par de la motivation, du progrès et des performances optimales.

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Le problème: un sportif démotivé

« Regarde, je ne serai jamais capable de soulever les mêmes charges que lui, c’est une bête : il fait 50 kg de plus que moi au deadlift ». Combien de fois avez-vous entendu cette phrase ? Vous l’avez d’ailleurs peut-être déjà dite. Commençons par une chose : la motivation est essentielle au maintien des progrès en sport et donc en CrossFit. La motivation est ce qui nous pousse à aller de l’avant quand on sait qu’on en est capable. La motivation, ce sont les petits succès qui deviendront grands. Cela implique deux éléments importants : premièrement que le jeu en vaille la chandelle et deuxièmement, que la probabilité d’atteindre les objectifs (la chandelle) soit élevée. Il faut donc se fixer des objectifs à long terme (soulever 300 kg au deadlift par exemple), mais aussi à court terme (faire 5 deadlift à 250 kg) en se sentant capable de le faire, pour amener vers les 300 kg dans le futur. Mais dans le lot, il y a l’athlète démotivé : nous en avons tous vu, et probablement l’avons-nous été aussi à un moment. Et cet athlète démotivé ne va plus progresser, voire va même régresser.

Une des causes ? La comparaison entre les athlètes

La question se pose donc : quelle est la source de démotivation ? Prenez la situation mentionnée en début du premier paragraphe (« Regarde, je ne serai jamais… »), impliquant un athlète qui est démotivé parce qu’il y a une comparaison quantitative entre lui et un athlète beaucoup plus fort. Dès que cette comparaison a eu lieu, l’objectif à court terme (pour la journée par exemple) a été décimé… Quel que soit le classement d’un athlète au sein de son sport, des comparaisons quantitatives (de poids, de répétitions…) entre lui et les autres peuvent influer sur sa motivation. Que l’on soit sportif en loisir, de niveau moyen ou du haut niveau, la comparaison avec les autres doit être présente, mais ne doit pas être une obsession. Imaginez si Rich Froning se comparait aux autres en permanence, il pourrait dire : « J’ai tout gagné, qu’est-ce qui me reste à accomplir ? Rien, puisque je suis au-dessus de tout le monde ». Il n’aurait alors plus d’objectif et arrêterait son entraînement, ce qu’il ne fait pas ! Oui, mais vous pourriez nous dire : « Mais est-ce que nos concurrents, ceux à qui on se compare, ne vont pas justement nous motiver encore plus chaque jour ? ». La réponse est la suivante : l’objectif principal en tant que CrossFitter est de devenir plus fort tous les jours. Le maintien du progrès nécessite un certain sens de la longévité en ce qui concerne la motivation. La nature même de la concurrence est à la fois temporaire et vacillante : il ne faut pas que le niveau de motivation monte ou descende selon l’état de ses concurrents. Au lieu de cela, si vous êtes sûr de toujours atteindre votre plein potentiel, vous avez besoin d’une motivation constante et non pas dépendante des autres et de leur état de forme.

La solution

Elle est très simple : ne pas se soucier du poids que quelqu’un d’autre a levé avant vous ou du temps ou du nombre de répétitions qu’a fait telle ou telle personne. Ce n’est pas dénigrer ce que font les autres athlètes, non, c’est juste que ces performances ne vous apportent rien en tant qu’athlète en soi. Votre valeur en tant que CrossFitter n’est pas liée à votre classement relatif parmi tous les autres CrossFitters : le maintien du progrès est la seule variable que l’on peut contrôler. Et votre motivation ne peut pas être liée à quelque chose que vous ne contrôlez pas : les autres. Si l’on doit faire des comparaisons entre les athlètes, elles doivent être qualitatives plutôt que quantitatives : l’éthique du travail, la technique, ou le comportement sont toutes les caractéristiques qualitatives par lesquelles on peut se comparer positivement à un autre athlète. Autrement dit, vous pouvez changer votre éthique de travail, votre technique, ou votre comportement dans un court laps de temps, il sera toujours difficile d’ajouter 50 kg d’un coup sur votre deadlift. Lorsque vous entrez dans une box tous les jours, ne vous comparez pas aux autres, mais plutôt à vous-même, entre l’athlète que vous êtes aujourd’hui et la personne que vous étiez la semaine dernière. Votre objectif en tant qu’athlète est d’avoir un progrès stable : pouvez-vous faire une répétition supplémentaire par rapport à il y a trois semaines ? Qu’en avez-vous à faire de ce que certains ont fait avant vous ? Si vous parvenez à rester motivé pendant une longue période, alors vous rencontrerez obligatoirement des grands succès, à votre échelle. Une collection de petites étapes sur une longue durée de temps est la base sous-jacente à chaque grande réussite !

Alors, au lieu de se soucier de ce que tout le monde a soulevé ou peut soulever comme fonte, concentrer seulement votre attention sur vous-même : la seule comparaison qui doit rester dans l’esprit du CrossFitter est : suis-je meilleur que ce que j’étais hier ?

Inspiré de l’article de Mark Wood pour le site liftbigeatbig.com