Arrêter l’haltérophilie : la Bonne et la Mauvaise Manière

Par Matt Foreman

Comment décririez-vous vos performances en haltérophilie en ce moment ? Tout va bien ? Vous passez par quelques turbulences ? Ou vous avez beaucoup de mal, à cause d’un mauvais workout ou d’une mauvaise compétition ?

Y a-t-il quelqu’un qui songe laisser tomber l’haltérophilie ?

Probablement non. Si les dieux de l’haltérophilie vous donnaient vraiment des coups de pied aux fesses, vous ne liriez probablement pas cet article.

Peu importe la qualité actuelle de votre entraînement ou de vos performances, il y a une chose que presque tous les CrossFitters ont en commun… Savez-vous ce que c’est ?

Nous allons tous arrêter un jour.

D’accord… peut-être pas tous. Bien sûr, il y aura toujours des irréductibles qui continueront à soulever des poids jusqu’à ce qu’ils vieillissent et meurent. Il suffit de regarder les résultats des Masters Nationals. Vous y verrez des participants qui ont commencé quand ils étaient tout jeunes et qui ne se sont littéralement jamais arrêtés.

Mais, là n’est pas la norme. La plupart des personnes pratiquent l’haltérophilie pendant un certain temps, puis raccrochent leurs chaussures et s’éloignent.

Ce dont je veux parler dans cet article, c’est comment quitter cette discipline, surtout si vous travaillez avec un coach.

Tout d’abord, je veux confirmer mon opinion, exprimée dans le titre, et dire qu’il y a bien une bonne et une mauvaise manière d’arrêter l’haltérophilie lorsque vous êtes accompagné d’un entraîneur.

La bonne manière : L’athlète rencontre son entraîneur face à face (pas à travers un fichu texto) et lui annonce qu’il a décidé d’arrêter sa carrière. Il explique ses raisons, remercie son entraîneur pour son aide et ses efforts. Tous les deux se serrent la main ou se prennent dans les bras ou quoi que ce soit d’autre, puis repartent sans rancune.

La mauvaise manière : L’athlète arrête tout simplement d’aller s’entraîner. Il ne communique pas du tout avec son entraîneur. Il disparaît simplement, sans explication.

REMARQUE: Ceci s’applique également aux décisions de changer d’entraîneur. On ne plaque pas son entraîneur, mais on se sépare de façon amicale pour aller s’entraîner chez quelqu’un d’autre.

Au cours des dix dernières années, je pense que je me souviens peut-être de deux ou trois athlètes qui ont quitté le sport de la bonne manière. Les autres l’ont tous mal fait.

La mauvaise manière est plus fréquente ces temps-ci parce qu’elle est plus facile. Approcher un entraîneur en personne et le faire de la bonne manière peut être inconfortable et effrayant. Et comme nous vivons à une époque où les gens fuient la communication face à face comme des rats qui sautent d’un bateau en train de couler, les coachs ont droit à la mauvaise manière quand leurs athlètes décident d’arrêter l’haltérophilie. C’est encore pire dans les situations de changement d’entraîneur en raison des sentiments difficiles qui peuvent en découler.

Pour moi, le plus gros problème avec les athlètes qui adoptent la mauvaise manière de quitter ce sport est le fait que leur comportement démontre un manque de caractère et un manque total de respect pour l’entraîneur.

Je vais vous donner un exemple personnel. Quand j’avais 20 ans, j’ai fait un changement d’entraîneur. J’avais été avec mon entraîneur pendant presque trois ans, et nous étions proches. J’avais même vécu dans sa maison pendant un petit moment quand j’avais besoin d’un endroit pour dormir. Mais notre relation s’était complètement effondrée lorsque sa méthode commençait à ressembler à un désordre dysfonctionnel. Cela bousillait ma technique et mes performances. J’ai donc contacté un nouvel entraîneur et fait un arrangement pour entamer la transition.

Je suis allé à la maison de mon entraîneur un dimanche et j’ai demandé à lui parler. Nous nous sommes assis dans son salon et je lui ai annoncé ma décision. C’était l’une des conversations les plus difficiles que je n’ai jamais eues. Il était furieux, je le suis devenu ensuite, nous avons tous les deux hurlé à tour de rôle, etc. C’était aussi désagréable que possible. Tout était réglé et fini quand je suis sorti, mais évidemment nous ne sommes pas restés en bons termes.

J’étais terrifié à l’idée d’aller le rencontrer parce que je savais que ça allait mal se passer (et c’était le cas), mais je savais aussi que c’était la bonne chose à faire. Et j’étais un gamin de 20 ans à l’époque. La plupart des gens avec qui j’ai travaillé ces dernières années sont des adultes, et très peu d’entre eux ont bien géré les choses lorsqu’ils ont décidé de se séparer de leur entraîneur ou d’arrêter l’haltérophilie.

Bien entendu, la plupart des entraîneurs ne vont pas exploser, crier, et devenir incontrôlables si vous leur dites que vous arrêtez l’haltérophilie. Je ne le ferais pas en tout cas. Je suis un athlète depuis longtemps et je comprends totalement à quel point ce sport est incroyablement difficile. Quand les gens s’en vont pour des raisons légitimes, je comprends. Je pourrais leur dire que c’est la mauvaise décision si je pensais que de meilleurs résultats ou une carrière pleine de succès étaient encore envisageables, mais cela ne va pas m’amener à être énervé et à proférer des insultes. Je serais professionnel, je serrerais la main de mon poulain, je lui souhaiterais le meilleur, etc. Presque tous les entraîneurs que je connais feraient la même chose.

Comme je l’ai dit, bon nombre d’entre vous sont des haltérophiles en ce moment et vous travaillez sûrement avec un entraîneur. Si vous décidez de vous en éloigner un jour, faites-le avec courtoisie et respect. Si c’est effrayant et intimidant pour vous, prenez votre courage à deux mains et faites-le quand même. Ça fera de vous une meilleure personne.

Source : CatalystAthletics.com