Réponses à 10 questions fréquentes sur l’haltérophilie (Partie 2)

Suite et fin de notre article consacré aux questions fréquentes sur l’haltérophilie. Pour lire la Partie 1, cliquez ICI.

Par Daniel Camargo

Daniel Camargo est un vétéran de l’haltérophilie depuis 24 ans. En tant qu’athlète, Camargo a représenté les États-Unis lors de neuf compétitions internationales et établi trois records américains (junior). Actuellement, il est entraîneur international de niveau USAW et président de la Fédération d’haltérophilie de Floride. Camargo a été entraîneur-chef de l’équipe junior américaine à cinq reprises et a formé 15 compétiteurs internationaux de l’équipe américaine ainsi que plusieurs autres champions régionaux et nationaux. Dans cet article, Camargo répond à 10 questions fréquentes en haltérophilie.

Je plie mes bras assez tôt dans le snatch et le clean. Est-ce mauvais ?

Pas toujours. La flexion des bras est mauvaise si, à un moment donné, ils se redressent et se replient une seconde fois. Cela provoque la décélération de la barre et vous fait perdre la tension nécessaire pour achever le mouvement. Cependant, si le bras se plie et reste plié sans perdre de tension, ce n’est pas la pire chose qui puisse vous arriver.

Existe-t-il des exercices de mobilité spéciaux pour s’améliorer en haltérophilie ?

En réalité, pour devenir plus mobile en haltérophilie, vous devez simplement vous entraîner dans ce but. Les exercices de mobilité que vous faites pour vos épaules, vos hanches ou vos chevilles sont les mêmes que ceux nécessaires pour réussir dans l’haltérophilie olympique. Il y a énormément de littérature sur ce sujet et j’encourage toujours les athlètes à consulter un kinésithérapeute au cas où d’autres schémas de mouvement ou des déséquilibres musculaires auraient besoin d’être identifiés et traités.

Pourquoi est-ce que je n’arrête pas de balancer la barre lors d’un snatch and clean ?

Probablement parce que vous ne dirigez pas correctement la barre pendant la deuxième traction. Souvenez-vous, vous ne pouvez pas simplement vous concentrer sur la traction, vous devez également diriger la barre. La barre doit aller vers le haut et vers l’arrière afin que vous puissiez la maintenir correctement, et ce processus se produit au niveau des hanches. Nos bras sont seulement très forts et peuvent lever des charges. Mais pour emmener la barre où vous le voulez, pensez à « sauter en positionnant la barre » et non pas à sauter puis positionner la barre. Je suggère de sauter en se penchant légèrement vers l’arrière pour garder son équilibre. Mettre l’accent sur un lift avec une extension maximale vous aidera à contrôler la barre et éviter qu’elle ne se balance. D’ailleurs, la raison pour laquelle nous pratiquons ce genre d’exercice est bien de pouvoir recréer le mouvement lors d’un lift. Faites attention, vous n’aurez qu’une fraction de seconde pour lever votre barre au maximum. Y penser pendant trop longtemps ralentira le mouvement.

Dois-je relâcher la prise crochet (hook grip) dans la position overhead du snatch ?

Réponse rapide : cela dépendra des préférences de l’athlète. Pour être plus précis, je dirais que je n’enseigne pas ce geste. Je préfère que les athlètes gardent leur prise crochet tout au long du mouvement. Pourquoi ? Parce que c’est un détail en moins à prendre en compte. Apprendre l’haltérophilie et le snatch, est une chose déjà assez difficile et n’a pas besoin de plus de complexité. En outre, en exagérant la libération et en ouvrant les mains, les athlètes perdront leur force de préhension. Je pense que cela pourrait être dangereux. Garder la prise crochet, même si elle n’est plus nécessaire en position verticale, sécurise les mains pour la totalité du lift. Cela dit, si l’un de mes athlètes libère le crochet naturellement, je ne dis rien et je le laisse faire.

À quelle fréquence devrais-je tenter un nouveau record personnel ?

À l’heure actuelle, nous savons tous que les débutants et les pratiquants intermédiaires atteignent un nouveau PR tout le temps. Comme nous devenons plus expérimentés, nous avons tendance à vouloir battre le PR moins fréquemment. Difficile de donner une réponse précise à cette question, je vais donc dire ceci : tout dépend de vos objectifs. Si vous faites de l’haltérophilie pour le plaisir ou comme défi personnel, alors faites-le et maximisez vos résultats quand vous vous sentez prêt; en vous assurant d’alléger l’entraînement lors des autres journées. Pour les athlètes de compétition, planifiez vos 1RM à l’approche des compétitions. S’il n’y a pas de compétition sur votre calendrier, je recommande normalement de faire un 1RM toutes les 6-8 semaines. À intervalle plus court que celui-ci, vous risquez de vous blesser et de tomber dans le surentraînement.

Source : BoxlifeMagazine.com