Qu’est ce que le “Dark Place” dont tout le monde parle en crossfit ?

Nous avons entendu les meilleurs athlètes du monde l’évoquer lors des Open. Puis l’expression est apparue sur quasi tous les comptes Instagram avec comme illustration une personne jetée au sol, sur le dos, ayant l’air d’avoir été torturée.

C’est ce qu’a expliqué Camille Leblanc-Bazinet à Rory Mckernan après sa performance du 16.5 avec un schéma : apparemment, il n’est pas entré dans le “dark place” durant son wod et c’est la raison pour laquelle il n’a pas gagné contre Adrian Bozman.

Qu’est-ce donc que ce dark place (côté sombre en français), comment y entrer et peut-on en sortir vivant ?

Qu’est-ce-que-le-Dark-Place-en-crossfit

Définition

C’est le moment où nous faisons la différence durant un wod. C’est là où nous “divisons” notre tête de notre corps. Notre corps va commencer à nous supplier d’arrêter, de ralentir et de revenir à un rythme familier. La douleur dans notre corps est intense et chaque rép est un supplice.

Notre mental va prendre le relais afin de ne pas freiner notre cadence, de ne plus penser à la douleur et de rester concentré sur notre stratégie. Nous avons enclenché le mode “pilote automatique” et nous savons que malgré la douleur nous ne lâcherons pas. Nous sommes au plus profond de nous même : en plein dans le “dark place”.

Est-ce vraiment nécessaire ?

Oui, si nous voulons garder le rythme qui va nous faire gagner les réps nécessaires à notre avancée dans le classement d’une qualif ou simplement nous faire gagner les quelques secondes pour battre notre temps sur un benchmark.

Se focaliser sur la douleur de nos muscles, penser à breaker, regarder le chrono ou chercher ou en sont les autres ne peuvent pas nous faire avancer dans le wod. Nous voulons rentrer dans une phase où le corps travaille comme un robot et où rien ne peut l’arrêter.

Hors de la zone de confort

Plus facile à dire qu’à faire et cela ne viendra pas au bout de la première tentative. Il faut en général de nombreux wods d’entraînement pour accepter de se mettre dans cette situation.

Il faut aussi développer le mental qui va avec. Car s’énerver, crier et s’exciter devant la barre ne mène en général à rien pour des wods où nous voulons garder un rythme rapide et où nous savons que nous allons avoir mal.

Mat Fraser est le spécialiste de ce genre de wod. Nous l’avons vu durant le 16.5 et l’année passée sur le 15.5. Il le dit en interview, sa stratégie : aller vite et se faire mal.

L’après “dark place”

Nous reprenons tous nos esprits une fois que le chrono bip, et en général nous ne cherchons pas à essayer d’adopter une position de fin de wod élégante ou posée. Nous nous jetons au sol, sur les genoux, le dos ou en position fœtale. Si nous savons que nous sommes rentrés en phase ‘’dark’’, peu importe le temps ou le nombre de réps, nous sommes déjà satisfaits de ce que nous avons fait sans avoir à regarder les résultats.

Cordialement et sportivement,

Tamara Akcay