Connaissez-vous L’effet Köhler ? Les avantages d’un partenaire d’entraînement !

Il y a une fable qui raconte l’histoire d’un groupe de frères en conflit. Pour donner une leçon à ses fils, le père leur demande de casser un seul bâton, ce qu’ils peuvent tous faire facilement. Ensuite, il les fait réessayer, mais cette fois, il leur remet un paquet de bâtons attachés ensemble. Un par un, les frères s’aperçoivent qu’ils ne peuvent pas les casser. Le père explique que les bâtons, quand ils sont attachés ensemble, sont plus forts que quand ils sont seuls, isolés. Cette fable démontre à bien des égards la capacité d’un groupe de personnes à résister aux pressions extérieures (charge de travail, stress psychologique, problèmes physiques) qui pourraient écraser un individu seul.

Les sports de force et d’endurance peuvent être une activité solitaire. Que ce soit sur la plate-forme d’haltérophilie, dans un squat, ou pour faire la queue pour une compétition, vous vous retrouvez souvent seul face à tout le monde. Il y a beaucoup d’athlètes dans le powerlifting, l’haltérophilie et les compétitions de CrossFit qui s’entraînent dans des gymnases où personne ne partage leur passion et leur dynamisme. Je suis allé dans ces endroits et il est facile de se dire : « Je n’ai besoin de personne, tout ne tient qu’à moi ! ». Mais, aujourd’hui, je suis ici pour vous dire qu’un ou plusieurs partenaires d’entraînement peuvent réellement être un atout précieux pour votre entraînement et la recherche scientifique l’a déjà prouvé.

En 1926, Otto Köhler demanda à des membres d’un club d’aviron de Berlin de faire des biceps curls (flexions) jusqu’à ce qu’ils ne puissent plus le faire. Il a alors observé des individus faisant des curls en étant seuls puis en les mettant en groupes de deux ou trois avec une même barre. Il a constaté que la performance s’améliorait lorsque les rameurs travaillaient en groupe, les rameurs les plus faibles exerçant davantage d’efforts pour s’aligner aux autres. Faire le même travail, mais au sein d’un groupe, a donc un effet notable sur les performances sportives. C’est ce que l’on a appelé l’effet Köhler.

L’effet Köhler est peut-être ce que Jim Rohn avait à l’esprit lorsqu’il a déclaré : «Vous êtes la résultante des cinq personnes avec lesquelles vous passez le plus de temps». Cette théorie sociale, l’idée que nous imitons ceux qui nous entourent, est appelée théorie de la contagion comportementale. La théorie de la contagion comportementale englobe des concepts tels que la conformité sociale et la pression des pairs. Quelles que soient les implications de ces idées dans notre vie en dehors de la salle, il est important pour nous de comprendre ces concepts afin de les utiliser pour motiver les athlètes. Vous traînez avec des gars qui sautent toujours certains de leurs exercices d’échauffement ? Ne soyez pas surpris quand vous commencerez à le faire aussi. Votre partenaire d’entraînement triche et ignore son régime alimentaire six jours par semaine ? Vous allez probablement commencer de plus en plus à trouver des moyens d’incorporer des biscuits et de la malbouffe à plusieurs de vos repas. Cela ne signifie pas que vous devez abandonner tous vos amis qui ne partagent pas vos objectifs, mais plutôt que vous devriez essayer de trouver un groupe de personnes qui vous aideront à vous surpasser et à rester motivé pour atteindre vos objectifs.

Cependant, ce n’est pas uniquement le fait de travailler ensemble qui nous incite à nous entraîner avec rigueur et sérieux. La compétition est également un facteur de motivation pour les athlètes. Une étude réalisée auprès de cyclistes a montré que ceux qui effectuaient un test sur 2000 m réussissaient mieux lorsqu’ils avaient à l’esprit qu’il s’agissait d’une compétition que lorsqu’ils effectuaient le test seuls. Norman Triplett décompose en outre les augmentations de performances en deux effets sociaux : les effets de co-action et les effets du public. Les effets de co-action ont été testés en demandant aux enfants d’enrouler une longueur de ligne de pêche sur un moulinet. Lorsque ces enfants ont vu un autre enfant accomplissant avec succès la même tâche, ils l’ont fait plus rapidement. Les scientifiques ont également découvert que les fourmis ouvrières creuseraient trois fois plus de sable lorsqu’elles travaillent en coopération avec d’autres fourmis. L’effet de co-action nous dit que des gains de performance sont obtenus plus efficacement en présence d’une personne effectuant une tâche similaire. L’effet d’audience démontre, quant à lui, qu’un auditoire passif observant une tâche aura un effet sur cette tâche. Un chercheur a découvert que les blattes rampant à travers un tube rampaient plus vite quand d’autres blattes les observaient. L’effet d’audience indique que le simple fait d’être regardé/observé par d’autres personnes peut augmenter vos performances.

En outre, ce qui peut être encore plus intéressant à propos des effets de la compétition sur notre performance est qu’il n’est même pas nécessaire d’être en compétition pour obtenir des gains de performance. La théorie sociale appelée «contagion par la compétition» stipule que le simple fait d’être conscient de la compétition, même si on n’y participe pas, augmente la compétitivité. Pour tester cela, des chercheurs se sont installés dans un zoo. Les droits d’entrée étaient laissés au libre arbitre des visiteurs, mais pour un groupe, il y avait un concours pour savoir qui donnerait le plus. Les clients qui étaient au courant du concours, mais n’y participaient pas forcément, ont donné plus que ceux qui n’étaient pas au courant du concours. Cela fait apparaître un concept intéressant applicable aux athlètes qui n’ont pas encore atteint le niveau de compétition ou qui n’y aspirent peut-être jamais. Cette étude semble suggérer que le simple fait d’être au courant des compétitions ou d’être entouré de compétiteurs augmente la compétitivité (et éventuellement la performance) de l’individu.

Avec le développement du coaching en ligne, il y a également eu une augmentation des équipes en ligne, ces groupes dispersés géographiquement, mais suivant le même programme d’entraînement. Ceci est idéal pour les personnes qui s’entraînent dans des garages ou chez soi et qui n’ont pas de partenaire d’entraînement. Mieux encore, l’effet Köhler semble fonctionner même par le biais du numérique. Une étude de la Michigan State University a révélé que la motivation s’améliorait même avec un partenaire virtuel. L’étude a demandé aux participants de réaliser un exercice de planche seul et avec un partenaire d’entraînement virtuel. Les participants avec le partenaire d’entraînement virtuel ont tenu la planche 24% plus longtemps que les autres.

Il est désormais clair que les avantages d’avoir un partenaire ou un groupe d’entraînement sont nombreux. Rechercher et fréquenter des personnes légèrement meilleures que vous en vaut vraiment la peine. Il peut être décourageant de s’entraîner avec des athlètes qui sont loin devant vous, mais le fait de vous entraîner avec plusieurs athlètes de niveaux de compétence différents peut vous donner envie de continuer à vous améliorer. Vous procurerez également à votre tour à vos partenaires une source d’inspiration qui les poussera à avancer eux aussi. Qu’il soit virtuel ou réel, vous avez besoin d’un partenaire d’entraînement !

Par Chris Branam – Source : Liftbigeatbig.com