Comment le CrossFit m’a sauvé la vie (et ma santé mentale)

Crédit : girlsgonerx

Auteur : Anonyme

Je ne suis pas médecin et je n’ai pas d’expérience scientifique dans le domaine du cancer. Je suis simplement une jeune femme qui a eu la malchance de développer un cancer du sein.

J’écris cet article parce que j’aurais été très heureuse d’en trouver un comme celui-ci après mon diagnostic. Mon objectif : répandre l’espoir et le courage.

À certains égards, j’ai eu de la chance. Ma tumeur a été découverte très tôt, quand elle était encore assez petite, ce qui m’a évité la chimiothérapie. Mon traitement a débuté par une chirurgie suivie d’une radiothérapie. Aujourd’hui, plusieurs mois plus tard, je prends toujours des médicaments.

Quand on m’a diagnostiqué un cancer du sein, mon monde a cessé de tourner. J’étais effrayée. Mon avenir semblait flou et s’évanouir. Et curieusement, la majorité de mes peurs étaient liées à ma routine d’entraînement. Un non-CrossFitter pourrait penser que c’est fou, mais je suis sûre que les CrossFitters me comprennent parfaitement.

Il n’y avait cependant qu’un seul endroit où je pouvais oublier toutes mes peurs : la box.

Je m’inquiétais souvent des effets que le traitement aurait sur moi. Comment mon corps réagirait-il ? Serais-je capable de bouger comme avant, ou pire, serais-je capable de continuer à faire du CrossFit ?

Je devais recommencer à bouger dès que possible

Pendant la chirurgie, la tumeur et un ganglion lymphatique ont été retirés, ce qui m’a laissé deux belles cicatrices, l’une sur ma poitrine et l’autre sur mon aisselle. Après une chirurgie comme celle-ci, il est assez fréquent de ressentir une amplitude de mouvement limitée au niveau des bras et des épaules. On m’a donc dit de commencer à bouger et à étirer mon bras et mon épaule le plus tôt possible.

Aujourd’hui, et après être passée par une rééducation et avoir beaucoup appris sur le traitement des cicatrices, je sais que c’est essentiel pour retrouver une amplitude de mouvement normale. Dans mon cas, le traitement de mes cicatrices a nécessité un genre particulier de massage et d’étirement pour adoucir le tissu cicatriciel et stimuler la circulation et le drainage lymphatique dans ces zones.

Cela fait mal au début, mais à la longue, la douleur diminue et l’amplitude des mouvements s’améliore. Je le fais encore régulièrement et je remarque une nette différence par rapport aux jours où je ne le fais pas.

Une semaine après la chirurgie, j’ai commencé à prendre mes médicaments. Ce fut aussi le moment où je suis retournée à la box et ai repris un entraînement modéré. Pour être honnête, ce qui m’importait surtout était de reprendre une vie normale. Et, en effet, le fait d’aller à la box de CrossFit et de m’entraîner avec les autres a stimulé mon humeur.

J’étais vraiment reconnaissante d’être de nouveau capable de faire des burpees et de bouger naturellement.

Revenir à la Box

Pour moi et mon corps (et mon esprit, d’ailleurs), revenir à la box tout de suite après la chirurgie était la meilleure chose que j’aurais pu faire. Bien sûr, cela dépend de l’état de chaque personne et de l’intensité du traitement qu’elle subira. J’ai, d’ailleurs, moi-même vite appris à respecter les limites de mon corps.

Parfois, je devais vraiment me souvenir de ce que je traversais. Ni la chirurgie ni aucune forme de traitement contre le cancer n’est une partie de plaisir. Même les mouvements n’impliquant pas directement la poitrine et l’aisselle étaient parfois un défi parce que mon corps se remettait toujours de cette chirurgie. Alors, n’essayez pas de squatter à votre 1RM deux semaines après la chirurgie.

J’ai déjà essayé de le faire pour vous et croyez-moi, c’est une très mauvaise idée. Cependant, tout type d’entraînement modéré est une opportunité de se concentrer sur son corps d’une manière très positive.

En effet, nous savons tous que les entraînements ciblés ou de renforcement musculaire ainsi que les WODs (adaptés) vous font tout oublier et vous obligent à vous concentrer sur le mouvement à effectuer, sur votre respiration, sur le comptage des répétitions ainsi que sur l’exécution correcte des séries.

Le sport comme moyen de garder un corps et un esprit sains

Quatre semaines après mon opération, j’ai dû subir cinq semaines de radiothérapie. Mais j’ai continué à m’entraîner pendant tout ce traitement. Beaucoup de femmes continuent de travailler, moi j’ai décidé de consacrer la plus grande partie de mon énergie à l’entraînement. Je me suis limitée à des activités sédentaires et j’ai fait du vélo à basse intensité pour avoir encore assez de force pour effectuer trois workouts et une heure de yoga par semaine.

D’autres femmes m’ont dit qu’elles avaient développé des stratégies similaires pendant la chimiothérapie pour rester en forme.

L’une de mes amies a même essayé de poursuivre son programme de musculation et de cardio-training trois fois par semaine, avec une intensité modérée. Devinez quoi ? Ça a marché ! Parfois, elle ne s’entraînait qu’une fois par semaine mais elle persévérait. Au final, elle était fière de ne pas avoir perdu de masse musculaire. Sachant que la plupart des patients perdent de la masse musculaire pendant la chimiothérapie, c’est un exploit important.

Une autre amie a réussi à terminer sa formation de professeur de yoga pendant la chimiothérapie. Ses médecins ont planifié ses médicaments de manière à ce qu’elle puisse continuer à assister à ses séminaires de fin de semaine.

Les traitements du cancer, même s’il s’agit de chimiothérapie, et les sports ne s’excluent pas les uns les autres. Si vous ne savez pas comment vous entraîner avec un implant au niveau de la clavicule, il existe des solutions que votre médecin pourrait vous expliquer. Parlez-en avec lui.

Souvent, je rencontre des personnes qui me conseillent de faire moins d’exercice. Mais curieusement, les médecins et les thérapeutes m’ont dit exactement le contraire : inutile de réduire votre activité physique du moment que votre corps se sent bien. En tant qu’athlète, vous connaissez très bien votre corps et vous saurez détecter ses mauvaises périodes. De plus, vous êtes habitué à une contrainte physique plus élevée que beaucoup d’autres patients.

La seule nouveauté, après une chirurgie ou un traitement plus ou moins lourd, est que vous devez apprendre à écouter encore plus votre corps et être moins intransigeant et exigeant en période de baisse de régime. Mais je suis sûre que vous saurez quand vous entraîner plus et quand ralentir.

En outre, les organisations internationales spécialisées dans le cancer recommandent même de continuer (ou de commencer) une activité physique afin de minimiser les effets secondaires du traitement (comme la fatigue et la perte de masse musculaire) et prévenir la récidive. De plus, la musculation augmente la densité osseuse qui a tendance à diminuer au cours des traitements du cancer du sein.

Soyez combative !

Le CrossFit a été – et est toujours – ce qui m’a permis de faire face aux journées difficiles. L’entraînement a eu un impact énorme sur ma santé mentale. Et, aussi bizarre que cela puisse paraître, le CrossFit m’a préparée mentalement pour affronter ces temps difficiles. En fait, il faut prendre votre traitement comme un WOD des plus durs.

La persévérance, la volonté de combattre, la force et l’attention portée à votre corps vous aideront à dépasser cette période désagréable. Continuez donc à bouger tout en écoutant attentivement votre corps et ses besoins. Parlez à votre médecin et parlez-en à vos coachs.

Il est possible que vous ne soyez capable que de faire des step-ups, ou que vous deviez réduire considérablement vos mouvements, que vos mouvements deviennent difficiles ou même impossibles, que l’un de vos bras soit beaucoup plus faible qu’avant, et parfois vous vous sentirez trop fatigué au point de ne pas pouvoir vous déplacer jusqu’à votre box. Mais n’arrêtez jamais de vous battre.

Bien sûr, le cancer est aussi unique et différent que nous, et toute personne touchée sait que c’est une bataille difficile. Que vous ayez été diagnostiquée à un stade avancé, que vous ayez besoin d’une chimiothérapie et d’une mastectomie (partielle), ou peu importe la spécificité de votre cas, je tiens vraiment à vous encourager :

Soyez positive ! Entraînez-vous, mais n’en faites pas trop non plus. Soyez combative. Continuez et répétez encore et encore vos exercices !

Source : Boxrox.com